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De l’eau potable grâce aux nanotechnologies

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Installation de nanofiltration de la centrale hydraulique de Zermatt (VS) : dans ces tuyaux, l’eau de source est poussée à travers les minuscules pores de plusieurs membranes. © Reinhard Perren, WV Zermatt

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Ce schéma du milieu montre l’intérieur d’un filtre à eau en forme de tube avec les différentes couches de membrane enroulées les unes autour des autres.© Membratec SA / Ruth Schürmann

Un visiteur de l’ EXPO 2008 à Saragosse teste le système LifeStraw®: Des eaux usées deviennent potables. (nouvelle fenêtre)

Un visiteur de l’ EXPO 2008 à Saragosse teste le système LifeStraw®: Des eaux usées deviennent potables. © FDFA, Presence Switzerland

Le village valaisan de Zermatt utilise plus de 6000 mètres cube d’eau en haute saison, entre Noël et Nouvel An, soit deux fois plus que durant le reste de l’année. L’eau des sources ne suffit pas à répondre à cette demande accrue. Une solution a par conséquent été trouvée du côté des sources de Gand et des nanotechnologies.

Moins de calcaire et de sulfate grâce au processus d’osmose

Les sources de Gand se situent au front du glacier de Findelen à 2280 mètres d’altitude. Leur eau est hygiéniquement irréprochable, mais elle contient trop de sulfate, ce qui lui donne un goût désagréable. De plus, son calcaire entartre les chauffe-eau, machines à laver et conduites d’eau chaude. Depuis 2006, ces sources fournissent néanmoins une eau de qualité dont la teneur en calcaire et en sulfate respecte les normes. Le mérite en revient à la nouvelle station de filtration par osmose inverse de Wichje.
L’osmose inverse désigne un procédé de séparation exploitant une membrane dont les pores mesurent moins d’un nanomètre (nm). Ainsi, dans le cas de Zermatt, les ions de calcium et de sulfate sont filtrés. Cette nanofiltration permet d’éliminer intégralement les liaisons chimiques indésirables, telles que virus et bactéries.

La nanotechnique dans la gestion de l’eau en Suisse

La nanotechnique avait déjà sa place dans la gestion de l’eau bien avant l’avènement de ce terme. L’installation d’ultrafiltration la plus moderne – mais de loin pas la seule – de Suisse se trouve à Männedorf (ZH). Depuis 2005, elle fournit aux 26’000 habitants de trois communes riveraines une eau impeccable prélevée dans le lac de Zurich. Les particules et les germes sont intégralement piégés dans ses filtres d’un diamètre de 2 à 60 nm. 

Techniques à membranes : une aubaine pour la Suisse

Un cinquième de l’eau utilisée par la population suisse provient des lacs. En comparaison avec les procédés d’épuration classiques, les techniques impliquant des membranes permettent de la traiter à un prix avantageux, tout en consommant moins de produits chimiques, d’énergie et de surface. L’eau des sources karstiques, pas toujours exempte de germes, peut aussi donner une boisson digeste en passant par des membranes.

Techniques à membranes : une aubaine pour les pays en développement

Les techniques à membranes sont particulièrement prometteuses pour les pays en développement, où un milliard et demi de personnes sont privées d’eau salubre. Les eaux usées sont souvent rejetées dans une rivière qui sert en aval d’eau de boisson. Pour ces situations, l‘Eawag (institut de recherche de l’eau de l’EPFZ) est en train de mettre au point et de tester des procédés bon marché et faciles à mettre en œuvre. Le LifeStraw Family, un appareil ménager conçu par une entreprise suisse et dont les membranes d’ultrafiltration éliminent tous les germes pathogènes, est déjà proposé sur le marché.

Traitement de l’eau par les nanotechnologies – un domaine très vaste

Les possibilités offertes par les nanotechnologies pour traiter l’eau sont aussi diverses que les attentes: il existe une méthode pour chaque substance indésirable – particules en suspension, bactéries, virus, composés organiques, pesticides, métaux lourds, radionucléides, nitrates, phosphates, calcium ou sulfates.

L’article dans sa version intégrale se trouve dans le magazine Environnement 3/2010, Office fédéral de l’environnement

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