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Tourisme

Canon à neige à Gessenay, dans le canton de Berne (nouvelle fenêtre)

Canon à neige à Gessenay, dans le canton de Berne© picswiss

Les montagnes sont depuis plus d'un siècle «l'argument de vente» principal du secteur suisse du tourisme. Sans touristes, plus d'une région alpine serait économiquement non viable: en certains endroits, plus de 80 % des emplois en dépendent. Simultanément, cette activité risque de tuer la poule aux oeufs d'or.

Ainsi par exemple, en hiver: les vacanciers viennent skier - ils recherchent donc la neige. Or, depuis quelques années, la neige tombe beaucoup moins régulièrement, au point que la catastrophe menace, en particulier pour les stations de moyenne altitude. Pour parer à ce manque, on fabrique de la neige artificielle au moyen de canons à neige. Ces engins très controversés consomment d'énormes quantités d'eau : de l'ordre de 800 tonnes pour recouvrir un hectare d'une couche de neige de 20 centimètres. Cette eau, prélevée dans les rivières ou dans les conduites d'eau - à une saison où le débit est déjà faible - est rejetée ailleurs, à des endroits où elle cause des dommages au sol et à la végétation. Les canons à neige sont par ailleurs terriblement voraces en énergie. Pour ne rien arranger, la neige artificielle durcit rapidement en surface, ce qui oblige à produire sans cesse de la neige fraîche pour que les pistes restent praticables.

En dépit des inconvénients de la méthode, la proportion de pistes équipées de canons s'est multipliée par cinq depuis 1990. Ses adeptes soulignent qu'ils tiennent les usagers à l'écart des zones à risque : pentes exposées au soleil ou au vent, glaciers, etc. Ils ajoutent que si on privait les skieurs de la possibilité de dévaler les pistes jusqu'en bas les pentes de moyenne altitude, ceux-ci renonceraient également aux domaines skiables plus élevés, d'où des pertes importantes pour la branche du tourisme.

Les visiteurs exercent immanquablement une pression sur les stations et l'environnement. Ils considèrent la montagne comme un lieu où faire son retour à la nature et ne souhaitent pas voir les villages défigurés par de nouvelles constructions, hôtels et autres immeubles locatifs, ni par des parkings géants - alors que c'est pour eux que ces aménagements sont réalisés. De leur côté, les résidents doivent gérer d'énormes vagues d'hôtes temporaires. Leur mode de vie traditionnel tend à disparaître.