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L'élection du gouvernement

Les membres du Conseil fédéral ont une responsabilité collective dans le processus de décision. Certains analystes y voient un moyen d'apprivoiser les dissensions, tout en offrant la possibilité d'exprimer son opposition au gouvernement.

Quand un conseiller fédéral prend sa retraite ou décède, sa/son remplaçant(e) est élu(e) par le Parlement. En théorie, tout citoyen suisse peut proposer sa candidature à ce poste; dans la pratique, le nouveau conseiller est choisi à partir d'une liste soumise par le parti du conseiller sortant. Les membres du Conseil fédéral ne sont pas membres du Parlement.

Jusqu'au 1er janvier 2000, date de l'amendement de la Constitution, il n'était pas possible que deux conseillers viennent du même canton. Bien que cette règle ait été supprimée, des efforts sont faits pour garantir une représentation de toutes les régions du pays. Des initiatives visant à proposer davantage de candidates féminines ont récemment vu le jour.

Entre 1959 et 2003, les quatre principaux partis politiques du pays, à savoir le Parti radical-démocratique (PRD), le Parti socialiste (PSS), le Parti démocrate-chrétien (PDC) et l'Union démocratique du Centre (UDC) se sont répartis les sièges au Conseil fédéral selon la clé 2-2-2-1. On a appelé cette répartition la «formule magique», comme si elle représentait ce que le système suisse de démocratie de concordance avait de plus parfait.

La formule magique n'est basée sur aucun texte législatif; elle a été le résultat d'un accord tacite entre les partis pour créer une coalition gouvernementale réunissant la majeure partie des forces politiques du pays. C'est ainsi que le régime politique de la Suisse, au contraire de la plupart des démocraties parlementaires, ne fonctionne plus depuis 1959 selon le système d'alternance et d'opposition mais selon un système de concordance.

Suite aux élections fédérales de 2003, qui ont bouleversé les rapports de force entre les partis, la formule magique a été revue et corrigée: une nouvelle clé de répartition (deux sièges pour l'Union démocratique du Centre et un seul pour le Parti démocrate-chrétien) a été introduite pour rendre compte des changements intervenus.

Cette nouvelle formule est pourtant déjà remise en question. En décembre 2007, l'un des candidats officiels de l'UDC au gouvernement a été évincé par le Parlement au profit d'une candidate du même parti plus modérée. Suite à cette petite révolution de palais, l'UDC a annoncé qu'elle ne reconnaissait plus ses représentants au gouvernement et qu'elle allait passer à une politique d'opposition.

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