L'économie suisse durant le conflit
Carte de rationnement pour l'obtention de farine et de graisses comestibles. Le rationnement commence en septembre 1939. Il est progressivement étendu et fappe pour finir non seulement les denrées alimentaires mais également des produits comme les habits et les carburants. Il sera complètement aboli en 1948.
La Convention de La Haye permet aux Etats neutres de commercer librement avec les belligérants. Ces dispositions s’étendent à la vente d’armes, y compris en temps de guerre.
L’Allemagne est depuis longtemps un des principaux partenaires économiques de la Suisse ; sa part aux exportations helvétiques va augmenter dans les années 1940 à 1944.
En dépit de difficultés de communication et des pressions exercées par Berlin, le commerce se poursuit avec les Alliés, Etats-Unis en tête. Mais il n’atteint qu’un tiers environ des échanges entre la Suisse et l’Allemagne.
Au cours de la période 1940-1942, les deux puissances de l’Axe (Allemagne et Italie) sont les acquéreurs de 45% des exportations suisses : machines, produits dérivés du fer et de l’acier, outils et équipements, véhicules, produits chimiques, notamment.
Si ces exportations contribuent indiscutablement à la capacité guerrière de l’Axe, il y a réciprocité. Et les biens que la Suisse importe – charbon, produits pétroliers, matières premières pour ses usines, aliments – sont autant de ressources en moins pour l’effort de guerre du Reich.
Chacune des parties au conflit est au courant des échanges commerciaux de la Suisse avec l’adversaire et y consent.
Les lignes de communication avec les Alliés seront rétablies à l’arrivée des troupes américaines à la frontière helvétique en 1944. La Suisse, à ce moment, réduit ses échanges avec l’Allemagne. En revanche, elle tolère encore le transit de marchandises non militaires en direction de l’Italie du Nord.
Centre financier neutre, la Suisse fait des affaires aussi bien avec les Alliés qu’avec les forces de l’axe. Les deux camps vendent de l’or à la Suisse.
«De tous les pays neutres, la Suisse, seule force internationale à avoir servi de lien entre les nations atrocement déchirées et nous-mêmes, est celui qui mérite le plus d’être distingué. Qu’importe qu’elle ait ou non été capable de nous donner l’avantage commercial que nous désirons ou que, pour survivre, elle en ait trop accordé aux Allemands ? Elle s’est comportée en Etat démocratique, défendant la liberté en se défendant elle-même dans ses montagnes et, en dépit de leurs origines, a largement tenu, en esprit, notre parti.»
Winston Churchill (1874-1965), premier ministre britannique durant la guerre

