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Histoire

La Révolution française

Le Monument du Lion à Lucerne (nouvelle fenêtre)

Le Monument du Lion érigé à Lucerne vers 1820 à la mémoire de la Garde suisse massacrée aux Tuileries en 1792. En plus d'une souscription nationale, de nombreuses têtes couronnées d'Europe ont participé au financement de sa construction. Le monument attire aujourd'hui les badauds et les touristes mais il a longtemps suscité la polémique: lui reprochant son caractère réactionnaire, les Libéraux du XIXème siècle proposèrent de lui ôter une patte.© www.picswiss

La Révolution française et les guerres napoléoniennes qui lui succèdent modifient radicalement le visage de l’Europe. L’invasion de la Suisse par les troupes révolutionnaires françaises est un point cardinal dans l’histoire du pays.

Pendant près de trois siècles, la France et la Confédération ont entretenu des relations étroites, les cantons suisses fournissant les rois de France en mercenaires. En août 1792, la Garde suisse du roi est massacrée au Palais des Tuileries alors qu’elle tente de retenir la foule qui vient arrêter la famille royale. Le massacre suscite horreur et indignation en Suisse et, vers 1820, un monument sera érigé à Lucerne pour commémorer ce tragique événement.

La présence suisse en France n’est pas seulement militaire. Depuis toujours, le rayonnement culturel de la capitale française a attiré des Suisses de tous bords vers Paris et nombre d’entre eux embrassèrent les idées révolutionnaires.

Parmi ces Suisses qui ont joué un rôle actif dans la Révolution française, Jean-Paul Marat est certainement le plus connu. Originaire de Neuchâtel, il s’installe à Paris vers 1777 et il y fonde le journal révolutionnaire « L’Ami du Peuple » en 1789. Élu à la Convention, il vote pour l’exécution du roi. Il mourra assassiné dans son bain en 1793.

«Des gens sont venus en disant que la foule s’était réunie sur la place, devant les Tuileries... Puis on a entendu dire que la Garde suisse avait tiré sur la foule… Les femmes de la maison étaient nos messagères... L’une d’entre elles nous a rapporté que le palais du roi était en feu… Ensuite mon épouse est revenue du marché en racontant que la foule traînait les corps mutilés des Suisses dans les rues. Chaque fois que quelqu’un passait avec les reliques du corps d’un de ces gardes assassinés, j’entendais les gens crier « Bravo ! Bravo ! »... Je ne sais que faire et je me recommande à Dieu Tout Puissant. Je doute, chers frères et sœurs, que vous receviez jamais cette lettre, car je ne peux l’envoyer par la poste et lorsque je serai mort personne ne pourra vous l’apporter. Priez pour nous ! Adieu et ne nous pleurez pas trop.»

J.B. Good, officier de la Garde suisse, lettre du 3 septembre 1792 adressée à ses frères et sœurs