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Les forces politiques du nouvel Etat fédéral

Au cours du XIXe siècle, les forces politiques du pays s'organisent et les partis prennent forme.

Après la chute de Napoléon, la ligne de partage entre les forces politiques est relativement nette. Il y a d'un côté les conservateurs et les aristocrates qui souhaitent que l'on revienne au système qui prévalait avant 1798 et qui concentrait le pouvoir entre les mains de quelques privilégiés. Et il y a de l'autre côté les progressistes, qui prendront le nom de 'Freisinnige' en allemand (littéralement: ceux qui ont l'esprit libéral).

Les conservateurs voulaient privilégier l'autorité des cantons tandis que les progressistes souhaitaient la création d'un Etat fédéral.

Déjà avant 1848, des divisions étaient apparues chez les 'Freisinnige' sur la délimitation des droits et des libertés des citoyens.Finalement, trois courants se dégageront de ces divisions:
Premièrement, les libéraux qui représentent les entrepreneurs industriels. Ils croient aux bienfaits de la libre-entreprise sans intervention de l'Etat et défendent les droits des hommes d'affaires.
Deuxièmement, les 'radicaux', qui ont des vues plus sociales et trouvent que l'Etat devrait jouer un rôle dans l'économie.
Enfin, les 'Démocrates', qui affirment défendre la 'pure démocratie' et qui sont d'avis que ce sont les électeurs plutôt que leurs représentants élus qui devraient être l'organe qui prend les décisions politiques.

En 1890, les trois groupes se séparent officiellement. Les radicaux créent leur propre parti, le 'parti radical démocratique' (en allemand 'Freisinnig- Demokratische Partei'), l'un des partis qui siègent aujourd'hui au gouvernement fédéral.

«En faisant dire au gouvernement : le peuple, c'est moi, le libéralisme place en réalité les mandataires au-dessus du mandat. Aussi, les envisage-t-il comme appelés à dispenser au peuple la liberté, l'ordre et le bonheur du haut de leur sagesse supérieure (...) De là vient qu'il tend à concentrer le pouvoir entre les mains des habiles, des savants et de ceux à qui il a confié la noblesse de l'âme. Il veut le gouvernement des meilleurs. Tout en attachant le plus grand prix au savoir, à la capacité et à la moralité, le radicalisme préfère le gouvernement de tous, parce qu'il n'y a pas de démocratie représentative si les représentants n'expriment pas les sentiments, les idées, les besoins et la volonté du peuple qu'ils représentent, et que l'instinct des masses, quand il s'agit du bien général, est plus sûr que l'orgueil de la science et l'outrecuidance des capacités.»

Henri Druey (1799 -1855) membre du premier Conseil fédéral: De la différence entre le libéralisme et le radicalisme, 1844

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