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Environnement

Déchets encombrants

Comme dans d'autres pays, on a fait beaucoup d'erreurs en Suisse en matière de gestion des déchets spéciaux ou hautement toxiques. Mais heureusement, on a su en tirer des leçons, si bien que la Suisse peut se targuer aujourd'hui d'une pratique exemplaire dans ce domaine.

Pendant longtemps, le thème «déchets spéciaux» ne figurait pas à l'agenda des politiques en Suisse. Au contraire des pays qui l'entourent, la Suisse n'abritait pas d'industrie lourde ou minière ni d'ailleurs de gros complexes industriels. Elle produisait tout de même une quantité non-négligeable de déchets toxiques qui furent souvent entreposés à la va-vite.

Résultat: selon les estimations de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) ce ne sont pas moins de 50'000 sites qui sont aujourd'hui contaminés, parmi lesquels de nombreux plans d'eau. Afin de déterminer la nature et l'urgence des traitements à entreprendre, on a établi un cataloque des zones contaminées, d'où il ressort que 4000 sites devront être assainis en priorité au cours des 20 prochaines années. Et ceci pour un coût avoisinant les 5 milliards de francs suisses.

Le cas de Bonfol

Parmi les sites les plus contaminés, il y a celui de Bonfol, dans le canton du Jura. Entre 1961 et 1976, on y a entreposé quelque 114'000 tonnes de déchets toxiques issus de l'industrie chimique et pharmaceutique et de la production de détergents et de pesticides. Pressées par les autorités du canton et de la Confédération ainsi que par le gouvernement français, les entreprises de la chimie bâloise, principales usagères de la décharge, ont accepté de reconnaître leur responsabilité dans l'assainissement du site et d'en supporter les coûts évalués à 200 millions de francs suisses.

Qui va payer?

L'assainissement des 4'000 sites contaminés est estimée à 5 milliards de francs. Comme ils résultent bien souvent de plusieurs décennies d'une mauvaise gestion des déchets, il est difficile d'y appliquer le principe du «pollueur-payeur».

C'est pourquoi la loi fédérale sur la protection de l'environnement, révisée en 1995, a prévu la création d'un fonds spécial destiné à l'assainissement des sites dits «orphelins», c'est-à-dire sans «pollueur» identifiable ou en mesure de payer. Pour ces cas, le gouvernement fédéral prend en charge 40 % des coûts d'assainissement, ce qui revient à près de 30 millions de francs par année, l'autre part étant assumée par les cantons.

Quelle gestion des déchets spéciaux aujourd'hui ?

Depuis la révision de sa loi sur la protection de l'environnement en 1995, la Suisse entend devenir progressivement autonome dans l'élimination des déchets. Au lieu de les exporter hors de ses frontières, elle va en assumer l'élimination complète au travers notamment d'usines d'incinération. Deux de ces incinérateurs sont déjà en service depuis 1994 à Dottikon (Argovie) et à Bâle. A terme, elle exportera uniquement les déchets susceptibles d'être recyclés à l'étranger.